La vanille de la gousse au flacon

Découvrez les mille facettes olfactives de la vanille.

La vanille séduit nos cœurs et nos nez depuis près de cinq siècles, restant toujours largement appréciée et utilisée aujourd’hui. Ses notes chaleureuses nous replongent dans des souvenirs lointains, mais elle parvient encore à surprendre autant les amateurs que les créateurs de parfums. À la fois sucrée, épicée ou sensuelle, la vanille sait se parer de nombreux atouts pour sublimer nos fragrances favorites. Nous vous dévoilons les secrets de cet ingrédient mythique, un des plus gourmands de la parfumerie…

Un secret aztèque

En 1519 l’explorateur Fernando Cortez débarque sur les côtes mexicaines de Veracruz. Cortez et ses hommes furent accueillis par les aztèques de la cité Tenochtitlan avec un breuvage de bienvenue. À base de chocolat et de vanille, le Tchocolatl séduit immédiatement le navigateur qui décide de ramener ce nouvel arôme extraordinaire sous forme de gousse à son roi Charles Quint. Mais les aztèques s’étaient bien gardé de dévoiler tous les secrets de la culture de leur précieuse orchidée… Les botanistes français, malgré toutes leurs tentatives, n’arrivèrent pas à obtenir les précieuses gousses dans leurs territoires d’Outre-Mer. Le Mexique a ainsi conservé le monopole de la production de vanille pendant près de deux siècles.

La vanille arrive finalement sur l’île de Madagascar dans les cales des bateaux colons français au XVIIème siècle et s’implante sur l’Île de la Réunion au début du XIXème siècle. Elle prend alors le nom de « vanille bourbon », du nom de l’île avant la Révolution Française.

L’orchidée sauvage

La vanille, considérée comme une épice, est le fruit d’une orchidée provenant d’Amazonie : la Vanilla planifolia. Cette plante pousse dans les forêts tropicales où la terre fertile et l’humidité lui permettent de se développer en toute quiétude. La Vanilla Planifolia est la seule orchidée à délivrer un fruit : la gousse de vanille. Cette orchidée, qui ressemble à une jonquille verdâtre, pousse sous forme de liane en s’accrochant à un arbre tuteur.

Mais la vanille est une plante complexe qui ne se laisse pas apprivoiser facilement ! Pour en obtenir les gousses que nous connaissons, il faut que la plante soit fécondée. Si cette tâche est effectuée naturellement en Amazonie par l’abeille Melipona, c’est à l’Homme de s’en charger dans l’Océan Indien. La découverte du processus de fécondation manuel revient à Edmond Albius, un jeune esclave de 12 ans.

Grâce à cette incroyable découverte, une nouvelle technique voit le jour. À l’aide d’un éclat de bambou, on recueille le pollen pour le mettre en contact avec le pistil. Ce délicat procédé ne peut se faire que le matin, quand la fleur de vanille éclot. Les femmes qui procèdent à cette manipulation sont appelées poétiquement les « marieuses ».

S’armer de patience

Une fois la fleur de vanille fécondée, il faut attendre entre 10 et 18 mois avant que la tige qui supporte la fleur ne se transforme en gousse. Lorsqu’elle arrive à maturité, même si elle est encore verte, la gousse est cueillie, blanchie et fermentée à l’étouffée. Les gousses prennent ensuite un long bain de soleil d’une quinzaine de jours. Loin d’être terminé, le processus se poursuit par une conservation dans des couvertures pendant la même durée et d’un séchage à l’air libre pour leur donner leur couleur brune typique.

La durée et la délicatesse de toutes ces étapes font de la vanille l’une des épices les plus coûteuses du monde.

La vanille provient d'une orchidée qui délivre grâce à une technique de culture particulière une gousse qui est ensuite extraite pour en faire du parfum.
De gauche à droite vous pouvez voir l’orchidée Vanilla planifolia qui produit les gousses de vanille, ici en train de sécher au soleil pour leur donner leur couleur brune, et enfin le flacon de notre gourmande eau de parfum : vanille.

Les techniques d’extraction de la vanille

Un aussi long processus… pour que les gousses soient finalement broyées ! Mais un mal nécessaire pour pouvoir extraire cet arôme si caractéristique. Différents procédés permettent ensuite de séparer la gousse de son parfum, présent dans la vanille grâce à une molécule au pouvoir odoriférant très puissant et qui est l’un des composants naturels de la gousse : la vanilline. Pourtant, elle n’en contient que très peu puisqu’on compte 25 grammes de vanilline pour 1 kilo de gousses.

Le premier à avoir extrait la vanilline est le chimiste Théodore Nicolas Golby en faisant macérer des gousses dans un alcool à 85 °C. C’est ainsi qu’est apparue la technique de la teinture de vanille qui consiste à mettre les gousses fendues ou coupées dans de l’alcool pour les faire macérer pendant un mois environ. Les composants aromatiques de la vanille migrent dans la solution alcoolique, et une fois l’alcool évaporé on obtient un liquide épais et collant très concentré en parfum : l’oléorésine. Cette technique n’est aujourd’hui quasiment plus utilisée car elle est longue et peu rentable.

Les parfumeurs peuvent également procéder à l’extraction par solvants volatils pour obtenir du résinoïde de vanille qui, une fois purifié, donnera de l’absolue de vanille. Cette méthode de fabrication est encore plébiscitée de nos jours.

Une autre technique, cette fois plus moderne et plus coûteuse, peut être utilisée pour extraire la vanilline de la gousse. Il s’agit de l’extraction au CO2 supercritique. Placé à un niveau de haute pression, le gaz va agir comme un solvant pour entrainer les molécules odorantes hors de la gousse. Le CO2 est ensuite récupéré par dépressurisation pour ne laisser place qu’aux composés odorants.

La synthèse comme alternative

Nous l’avons vu, la vanille est une épice extrêmement onéreuse par la complexité de sa culture. Les chimistes et les parfumeurs se sont donc associés pour recréer la vanilline à l’aide de matières synthétiques. Cette synthèse peut être effectuée grâce à différentes substances chimiques, à savoir le gaïacol, la lignine ou encore la curcumine. Et il est intéressant de noter que la vanilline de synthèse est à très peu de choses près identique à son arôme naturel !

Durant ces recherches, une nouvelle sorte de molécule aromatique, cette fois artificielle, a pointé le bout de son nez : l’éthylvanilline. Sa puissance aromatique est 2 à 4 fois plus intense que la vanilline ! Cette molécule est apparue pour la première fois dans l’univers de la parfumerie en 1921, quand Guerlain l’ajouta à son mythique Jicky.

La vanille naturelle est donc aujourd’hui un produit de prestige utilisé dans la parfumerie de luxe. La vanilline et l’éthylvanilline sont quant à elles largement appréciées des parfumeurs. La synthèse permet ainsi de sublimer des fragrances vanillées et de fixer des notes plus volatiles.

Les associations de la vanille en parfumerie

La vanille a une place de choix dans le nez des parfumeurs et dans les compositions de nombreuses fragrances. Et pour cause, elle s’adapte parfaitement à d’innombrables notes pour y dévoiler une facette inattendue. Elle cohabite régulièrement avec des épices pour révéler un parfum chaud et sensuel. C’est pourquoi on la retrouve dans la majorité des fragrances orientales. Associée à des notes gourmandes de caramel, de gâteaux ou de réglisse, la vanille se fait sucrée et suave. Cet ingrédient culte se marie aussi très bien avec la famille olfactive des parfums boisés pour créer des jus profonds, riches aux notes de velours. Enfin, avec un cœur fleuri ou hespéridé, la vanille vous entraînera dans un sillage frais à porter en toute saison.

Notre Carrément Belle vanille

Chez Carrément Belle, nous sommes restés de grands enfants. Comme Peter Pan et son île imaginaire, notre eau de parfum vanille permet de garder un pied dans l’enfance et de se replonger dans les souvenirs gourmands d’une pâte à tarte vanillée dans une cuisine festive et chaleureuse. Vanille est une fragrance régressive et enveloppante, presque maternelle grâce à sa chaleur rassurante. Une note chaude également inspirée du soleil bouillonnant du Sud de la France où notre atelier est installé.

Créée à la fin des années 80, notre vanille met en avant l’absolu de vanille de Madagascar. Cette matière première naturelle prestigieuse s’habille sobrement d’amande, de caramel, de coumarine mais aussi de tabac pour vous offrir un parfum résolument épuré, gourmand et épicé. Un petit plaisir à vaporiser toute l’année, car avec vanille la gourmandise n’est pas un vilain défaut…

Saviez-vous que la vanille était un ingrédient si complexe à exploiter en parfumerie ? Êtes-vous accro à notre fragrance vanille ou aux parfums gourmands ?

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