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Parfum érotique : réalité olfactive ou argument marketing ?

Se blottir dans son cou et respirer son odeur, garder le t-shirt de l’autre ou sentir les draps quand votre moitié quitte le lit… Autant de gestes que nous adoptons tous inconsciemment mais qui prouvent que l’odeur a une place primordiale dans l’attachement à notre partenaire et dans nos relations amoureuses. Le parfum sublime les arômes naturels de la peau pour devenir un véritable atout de séduction. Si on doute encore de l’efficacité des filtres d’amour, qu’en est-il du pouvoir aphrodisiaque des fragrances ? Existe-t-il vraiment un parfum érotique et des notes capables d’enflammer la libido ? Entre mystères, fantasmes et marketing, nous vous dévoilons les secrets des odeurs affriolantes.

Parfum de romantisme ou alchimie corporelle ?

Coup de foudre olfactif

Les odeurs dégagent une charge émotionnelle et érotique forte. Et ce peu importe notre condition ou notre statut social. Pour preuve, Napoléon demandait à sa chère et tendre de ne pas se laver lorsqu’elle rentrait de ses balades en forêt. Si le parfum d’amour n’existe pas, dans une relation amoureuse l’odeur occupe une place de choix. Lors de la phase de séduction, les corps se rapprochent et peu à peu chacun entre dans la zone de « parfumage » de l’autre. Cet endroit intime à partir duquel nos capteurs olfactifs analysent le parfum notre partenaire. Sa fragrance vous enivre ? Indéniablement il se passe quelque chose entre sa peau et la chimie de son parfum. Une alchimie qui intervient directement dans notre système de communication érotique pour rendre l’autre encore plus attirant.

C’est une des raisons qui va donner à l’individu l’envie de se rapprocher, pour aller sentir cette fois ce qui se cache derrière la fragrance. L’odeur deviendra alors soit une source de plaisir, soit elle provoquera une forme de disgrâce. Au-delà du parfum de l’être convoité, l’odeur du corps et de l’haleine seront les conditions sine qua non d’un coup de foudre, ou pas.

Son odeur dans la peau, et dans le cerveau !

Vous vous souvenez certainement encore du parfum de votre premier amour de jeunesse et le sentir vous chatouille toujours un peu le nez. Comme si vous étiez finalement tombé amoureux d’une senteur. La coupable ? Encore et toujours notre mémoire olfactive ! Après la vue qui déterminera une attirance physique, c’est notre sens de l’olfaction qui va entrer en jeu. L’odeur pénètre notre système limbique, le siège de notre émotion et du plaisir, mais aussi le centre de nos pulsions fondamentales et notamment l’instinct sexuel. Ainsi, toutes les odeurs seront mémorisées. Elles enverront à notre cerveau des signaux agréables ou désagréables, associés à une personne en particulier.

Parfum érotique : une arme de séduction

Fantasmes réprimés

Si le caractère érotique du parfum devient aujourd’hui un nouvel argument de vente, ces propos auraient été réprimés par la morale en d’autres temps. Dès son apparition durant l’Antiquité, le parfum est utilisé à des fins thérapeutiques et hygiéniques. L’Église voit dans l’usage profane du parfum un symbole de frivolité des païens. Platon accusait les effluves de n’avoir de « nature qu’à moitié » et leur décadence se réservait aux femmes offrant leurs corps, tandis qu’Aristote lui reprochait ses liens trop directs avec nos émotions. En 1778, le Parlement Anglais vote une loi pour permettre à un homme d’annuler son mariage si celui-ci prouve qu’il a été ensorcelé par le parfum de sa femme. Au XIXème siècle, avant que le patchouli n’envahisse tous les nez, l’odeur boisée de cette plante tropicale était majoritairement adoptée par les courtisanes.

Accords désinhibés

Le début du XXème siècle marquera l’utilisation du parfum comme un véritable atout de séduction. Mais il faudra attendre la fin des années 60 et la libération sexuelle pour que les parfumeurs se penchent sur des notes sulfureuses. Les accords orientaux, opulents, séduisent de plus en plus de femmes et d’hommes qui veulent affirmer leur pouvoir d’attraction. Compositions ambrées, fragrances gourmandes et notes animales mettront fin à des siècles de censure olfactive. Cet élan créatif sera pourtant réfréné au début des années 90, au pic de l’épidémie du sida. Le parfum érotique aux notes animales laissera sa place à des jus plus « propres » dont le caractère sexuel est écarté. Depuis plusieurs années maintenant, les Nez renouent avec les codes du fantasme en créant des fragrances beaucoup plus osées.

Le parfum érotique, ça sent quoi ?

Réveillez l’animal qui est en vous !

Pour lier un parfum à la sensualité et à la sexualité, il faut chercher du côté des ingrédients charnels. Ces odeurs qui évoquent à notre nez l’odeur de la peau, l’animalité. Certaines compositions basculent vers l’érotisme grâce à la présence, discrète certes, de notes animales. On pense notamment au musc et à la civette, reproduits aujourd’hui grâce à la synthèse. Pourtant à l’état brut ces ingrédients dégagent une odeur qui est loin d’être agréable. Le musc possède naturellement un parfum d’urine, de sang ou de sueur. La civette, avant d’être transformée, dégage une senteur fécale… Ne froncez pas les narines, ces ingrédients sont dilués pour être présents en faible quantité et ne révéler que leur sensualité. De plus, ils sont accompagnés d’autres notes pour sublimer leur côté intime et irrésistible.

Chez Carrément Belle, le musc nous inspire et nous émoustille depuis la fin des années 80 déjà. Avec musc originel nous avons voulu créer une fragrance aussi intime que sauvage, que l’on réserve à l’être aimé. Dans cette composition, le musc et l’ambre rivalisent de sensualité pour s’adoucir grâce à la fleur de coton et la poudre d’iris. Dans l’eau de parfum musc, la note animale se révèle cette fois plus fruitée et rafraîchissante grâce à l’ajout du melon et de la framboise. Deux parfums discrets et charnels dont le sillage se diffusera comme une caresse à fleur de peau.

Des molécules classées X

Avec les senteurs animales il existe d’autres composants érotiques qui se cachent dans vos parfums. La molécule miraculeuse qui fera succomber l’élu n’est pas encore sur le marché… Mais les parfumeurs disposent déjà de notes aux vertus affriolantes. Nous vous avions déjà parlé de l’indole et du scatole ici, odeurs aux relents d’excréments qui, utilisés subtilement, évoquent la fleur d’oranger ou le jasmin. Autre molécule de la palette du Nez, l’aldron qui rappelle la cage aux lions et la transpiration. Sa structure serait similaire à celle de certaines hormones sexuelles. On pense également à la pyridine, proche de l’odeur de sperme. Ces matières rappellent à nos sens les odeurs qui émanent de notre corps entre moiteur et sensualité.

Le parfum érotique : un argument marketing ?

La bougie parfumée de l’actrice américaine Gwyneth Paltrow au nom évocateur « This smells like my vagina » s’arrache sur le net. Des marques de parfumerie de niche se sont essayées il y a quelques années à créer des jus aux odeurs de sécrétions corporelles. Le sexe est un argument marketing qui fonctionne depuis que la publicité existe, et dans tous les secteurs d’activité. Alors pourquoi pas dans la parfumerie ? L’image du corps y est extrêmement présente et les égéries se dévoilent tout en sensualité. Si le sexe fait vendre, il n’en reste pas moins que le parfum et la séduction restent fortement liés à nos émotions. Et les innovations olfactives en la matière fascinent toujours autant les créateurs de fragrances.

Voyez-vous le parfum comme un atout de séduction ? Quelles senteurs vous évoquent le plus la sensualité ?

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