Le musc : histoire d’un ingrédient animal !

Decouvrez le musc, l'ingredient le plus animal et sensuel de la parfumerie.

Le musc, vous aimez le porter depuis toujours. Sa senteur chaude et enveloppante accompagne votre rituel parfumé quotidien et votre nez fond à chaque fois pour sa fragrance si douce et intime qui se dévoile à fleur de peau. Mais que se cache-t-il derrière cet ingrédient prisé des parfumeurs ? Une histoire riche en senteurs s’écrit depuis l’Antiquité sur cette matière première bien connue. Plongeons au cœur des origines du musc jusqu’à son utilisation actuelle et découvrez les secrets de cette note addictive.

Les origines du musc

Un ingrédient sauvage

Parfum de bébé, de poudre de riz ou de draps frais… Difficile de résister au musc. Pourtant l’origine de cet ingrédient est assez troublante. Pour la comprendre, il faut remonter le temps jusqu’à des millénaires, sur les plus hauts plateaux d’Asie : entre l’Himalaya, la Chine et la Sibérie. C’est dans ces plaines que l’on retrouve le chevrotin porte-musc, une espèce animale solitaire, ressemblant à un petit chevreuil primitif. Très vite, les hommes se sont rendus compte que durant la période de rut, ces « Moschus Moschiferus », de leur nom scientifique, produisaient des sécrétions envoûtantes pour charmer les femelles. Ils s’aperçurent que ces sécrétions aux pouvoirs aphrodisiaques provenaient en réalité d’une glande nichée dans l’abdomen de l’animal qui contenait un liquide odorant de couleur brune : le musc.

La récolte du musc animal

Voulant à leur tour profiter de cette odeur si singulière, les autochtones ont cherché à extraire ce liquide. Toutefois, le musc ne conserve son aspect et ses propriétés olfactives que lorsqu’il est maintenu au chaud, sous la peau de l’animal. Dès l’instant où la glande est extraite, le musc sèche et perd tout son pouvoir odorant. Ayant bien noté la nuance, les hommes entreprirent donc une vaste récolte du musc, qui conduisait à la mort de l’animal. Outre le musc, le chevrotin était chassé pour toutes les vertus qu’il représentait : son cuir servait à la confection de sacs chez les tibétains et ses poils rembourraient les coussins et les matelas des empereurs chinois.

Mais alors, ça sent quoi le musc ?

Saviez-vous qu’avant d’être appréciable, cette senteur est difficilement respirable ? Une fois hors de sa poche, son odeur en grains est si forte et désagréable que même les navires les plus rapides ne voulaient pas en assurer le transport à l’époque ! Fortement ammoniaqué, il dégage des effluves de bois, de fourrure et de matières fécales. Après un affinement dans une teinture alcoolique, le musc dévoile cependant son irrésistible note animale et sensuelle. Très persistant, il est utilisé comme fixateur par les parfumeurs pour donner de l’ampleur à leurs créations.

Un ingrédient prisé depuis l’Antiquité

Dès l’Antiquité, le musc est utilisé pour ses nombreuses vertus. Déjà en ce temps, il est considéré comme un produit de luxe. Son commerce prend davantage d’ampleur à l’époque des grands explorateurs qui participent à l’exportation des poches de musc dans tous les pays méditerranéens. Le peuple Arabe en tombe rapidement amoureux et l’intègre dans de nombreux rituels pour combattre les maléfices des divinités. Il est évoqué dans la religion musulmane comme le parfum que sentiront les bienheureux au ciel.

Des vertus légendaires

La médecine orientale affirme qu’il purifie l’air et permet d’expulser les parasites du corps. Au Moyen-Âge, les substances animales comme le musc connaissent une véritable frénésie. Les plus aisés arborent ainsi le musc dans des pommes d’ambre pour combattre les mauvaises odeurs synonymes de maladie. Si entre Orient et Occident les effets du musc divergent parfois, le pouvoir aphrodisiaque de l’ingrédient est quant à lui toujours mentionné ! Certains en boivent à la paille pour se rendre plus attirant et libérer leur animalité, tandis que Baudelaire souligne son côté sensuel dans les Fleurs du Mal. Une sensualité qui perdura pendant des siècles, aux quatre coins du monde.

Quand la synthèse se fait sensuelle

Pour faire face à cette demande croissante, la chasse du mammifère fut pratiquée de façon intensive dans les années 1900 et d’autant plus entre 1960 et 1970. Matière prisée, la production du musc était aussi une activité très lucrative puisqu’il se vendait jusqu’à 400 000 francs le kilo. Mais pour protéger cette espèce surexploitée, des mesures furent prises en 1979, interdisant totalement la chasse du chevrotin. Certains ont tout de même tenté d’en extraire les glandes en élevage mais la sécrétion cessait en captivité. Il a fallu attendre le développement de la chimie et le perfectionnement des matières de synthèse pour rendre le musc abordable. Offrant ainsi aux parfumeurs le plaisir de jouir à nouveau de cette odeur animale et sensuelle sans nuire à l’animal !

L’apparition du musc blanc

Avant l’interdiction du musc animal, certains chercheurs se penchaient déjà dès la fin des 1800 sur des ingrédients de synthèse pour reproduire les notes musquées. Leurs parfums ne remplacent pas totalement l’odeur animale si caractéristique mais évoque davantage une odeur de « propre ». Ces nouvelles molécules sont très vite adoptées par les marchands de lessive pour ajouter une senteur fraîche à leurs produits. Il faudra attendre 1926 pour que Lavoslav Ružička, futur prix Nobel et employé par la société Firmenich, parvienne à synthétiser un élément du musc naturel, le muscone. À partir de ces recherches, une multitude de molécules a vu le jour pour reproduire la senteur du musc. On les appelle les muscs blancs, par opposition au musc animal.

Une nouvelle palette olfactive

Les notes musquées, ou les muscs blancs, offrent une très grande diversité de facettes. Leurs notes peuvent se faire moelleuses, cuivrées, cotonneuses, fleuries, sensuelles… Au-delà de ces senteurs, le musc synthétique a la capacité d’être un excellent fixateur. Il s’utilise beaucoup en note de fond pour lier les ingrédients et fixer les notes plus volatiles.

Les muscs blancs sont regroupés en trois familles :

  • Les nitro-muscs, ou muscs nitrés. Ils ont longtemps été utilisés en parfumerie au cours du XXème siècle mais sont désormais interdits.
  • Les muscs polycycliques dont l’odeur est plutôt ronde. Ils ne sont utilisés aujourd’hui que par quelques lessiviers, car reconnus comme faiblement biodégradables.
  • Les muscs macrocycliques sont les plus utilisés en parfumerie de nos jours. On retrouve dans cette catégorie diverses molécules aux notes variées dont le fameux muscone, mais aussi l’exaltolide aux nuances florales ou encore l’ambrettolide aux facettes poudrées. Tous possèdent des caractéristiques particulières, mais chacun apportera de la rondeur, de la sensualité et de la souplesse à une composition.

L’ode musquée de Carrément Belle

Chez Carrément Belle, la senteur animale et sauvage du musc nous séduit depuis nos premières années. Dès la fin des années 80, nous avons souhaité mettre à l’honneur cet ingrédient dans l’eau de parfum musc originel. Le musc blanc s’y dévoile chaud et enveloppant aux côtés de l’iris, du jasmin et de la fleur de coton. Un parfum qui a du caractère mais se veut discret, dont la sensualité se révèle au plus près de votre peau. Un parfum qui se mérite !

En 2013, nous avons souhaité donner plus de reliefs à cette composition, sans la dénaturer. Nous l’avons bonifiée en y ajoutant des notes fruitées de melon en tête et de framboise en fond. La nouvelle eau de parfum musc était née. Pour les nostalgiques de la première composition, nous avons reproduit la formule originale dans un flacon collector. Vous pouvez la retrouver dans la Collection sous le nom de musc originel. Deux fragrances résolument intimes et sauvages pour elle et lui, à garder pour soi ou à partager en toute intimité…

Connaissiez-vous la signification des musc blancs ? Aimez-vous les parfums musqués ?

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