Les remèdes parfumés

Les remèdes parfumés soignent les maux depuis la nuit des temps, découvrez ces compositions odorantes

Se vaporiser du parfum fait partie intégrante de notre rituel beauté. Quelques gouttes pour parfaire sa tenue et se sentir bien et en confiance, voici notre usage du parfum quotidien. Mais il y a des centaines d’années, l’utilisation des compositions odorantes n’avaient pas grand chose à voir avec la séduction. Effectivement, c’est à leurs vertus médicinales que le peuple s’intéressait davantage. Mais comment le parfum parvenait-il à soigner et comment était-il utilisé pour guérir ? Nous vous proposons une liste de quelques remèdes parfumés au fil des siècles, aux pouvoirs thérapeutiques parfois surprenants.

Le kyphi des Égyptiens

Le parfum occupe déjà une place importante à l’époque des pharaons. Si les égyptiens brûlent régulièrement de l’oliban, du cèdre ou du genévrier, les mélanges de plantes sont particulièrement appréciés. Parmi ces compositions, on retrouve l’un des remèdes parfumés les plus mystérieux connus à ce jour : le kyphi. Cette composition odorante s’utilisait sous forme d’encens à faire brûler et se mélangeait également dans le vin. Son parfum presque magique avait le don, entre autres, d’égayer les songes, de favoriser le sommeil mais aussi de calmer l’anxiété. Il servait aussi à guérir les maladies pulmonaires, les problèmes intestinaux et les affections hépatiques.

De nombreuses recettes de kyphi furent écrites. L’une d’entre elles est inscrite en hiéroglyphes sur les murs du temple d’Edfou, dans ce qui semblait être le « laboratoire » des prêtres-parfumeurs. S’il existe plusieurs façons de réaliser le kyphi, certains ingrédients sont communs à chacune d’elles : l’oliban, le raisin, la coriandre, le bois de santal, la myrrhe, le genévrier, le miel ou encore le storax. Les écrits grecs y ajoutèrent du safran et de la cardamome. Les égyptiens eux, additionnaient au mélange de la menthe ou du henné. Ce mariage aromatique diffuse une senteur résineuse et épicée.

La thériaque : de contrepoison à médicament

De tous les remèdes parfumés, la thériaque est certainement l’un des plus célèbres mais aussi l’un des plus complexes. Créé à l’origine comme un contre-poison au Ier siècle avant J.C, sa recette fut perfectionnée au fil des siècles pour en faire un « médicament universel ». Dans sa composition on retrouve toujours 4 ingrédients indispensables : la chair de vipère, le castoréum (une sécrétion très odorante provenant des glandes du castor), de la poudre d’opium et du miel pour lui donner sa consistance molle. À ce mélange de base sont ajoutés divers composants végétaux. On y retrouve des gommes, des écorces, des fleurs ou des racines. Utilisée sous forme de poudre, la thériaque deviendra rapidement le souverain des remèdes parfumés. Elle soignera tour à tour la peste, la rougeole ou la petite vérole.

Les plantes médicinales au Moyen-Âge

À partir du Moyen-Âge, les jardins des châteaux et des abbayes s’organisent pour accueillir les plantes et les aromates nécessaires à l’élaboration des remèdes parfumés. Ils constituent dès lors l’essentiel de la pharmacopée, utilisée jusqu’au XIXème siècle. À cette époque, ce sont les moines qui soignent les malades. Ils cultivent alors la majorité des plantes médicinales telles que la sauge, le thym, la mélisse ou encore l’hysope. Les ordres monastiques préparent dans leurs laboratoires des simples, des compositions odorantes destinées à soigner divers maux. Les premières boutiques d’apothicaires apparaissent ainsi au XIIIème siècle. En 1258, Saint Louis leur offre un statut officiel pour la préparation et la vente de médicaments.

Les eaux de senteur, de Cologne jusqu’en Hongrie

Eau impériale, Eau couronnée, Eau superbe… Autant d’eaux de senteurs dont on s’enduit pour se décrasser et se protéger des maladies. L’une de ces recettes deviendra particulièrement célèbre : l’eau de la reine de Hongrie. Créée à base de romarin macéré dans de l’esprit de vin (alcool obtenu par la distillation du vin), elle s’utilise en friction mais aussi en boisson. Ces vertus curatives admirables furent vantées par les nobles. Ils en faisaient un usage intensif pour venir à bout des tumeurs, des bourdonnements d’oreille ou encore des douleurs abdominales.

Elle ouvrira la voie quelques centaines d’années plus tard à l’Eau de Cologne. Une eau riche en actifs thérapeutiques qui protégeait des maladies et avait la réputation de procurer bonne santé et longévité. Cette eau aux multiples pouvoirs se compose d’esprit de vin, que l’on mélangeait avec diverses essences de plantes et d’agrumes comme le romarin, l’orange, la bergamote, le néroli et le cédrat. Dès son apparition, les gens s’en frictionnent le corps et la boivent mélangée à du bouillon ou du vin.

Les vinaigres parfumés

À partir des années 1700, les vinaigres de senteurs apparaissent aux côtés des eaux parfumées. Fabriquées par les maîtres distillateurs, ces compositions se préparent à base de fleurs ou d’épices. Parmi les plus appréciés par les élégantes, on retrouve le vinaigre d’œillet et de rose. Selon leurs compositions, les vinaigres procuraient différents bienfaits et s’utilisaient en eau aromatique dans le bain ou en vinaigre de toilette pour les soins de la peau. C’est d’ailleurs pour leurs vertus adoucissantes que les vinaigres de toilette deviennent dès le XIXème siècle de véritables produits de beauté très réputés. Au fil des modes et des découvertes, les vinaigres d’ambre, de lavande, de muscade ou de cannelle se firent une place majeure dans les armoires à pharmacie et les cabinets de toilette de l’époque.

Le vinaigre des 4 voleurs

Une recette reste encore aujourd’hui célèbre, celle du vinaigre des 4 voleurs dont nous vous parlions déjà ici. Alors que la France est ravagée par la peste, quatre voleurs peuvent s’approcher des pestiférés sans danger. Sous prétexte de les soigner, ils les dépouillent froidement de leurs biens. Pour échapper à la peine capitale, ils furent forcés de révéler la recette de cette composition. Ils mélangeaient à parts égales des sommités fraîches de plusieurs plantes aromatiques dont la sauge, la menthe, le romarin et l’absinthe, auxquelles ils ajoutaient des fleurs de lavande. À ce mélange était ensuite additionné en quantités plus faibles des épices comme la cannelle, le clou de girofle et la muscade. Une fois préparée, la composition était mise « en digestion » pendant plusieurs semaines dans un vinaigre. Après cette macération, les voleurs la filtraient pour y ajouter la touche finale : un mélange de camphre et d’eau de vie.

Remèdes parfumés : des accessoires surprenants

Lors de la Renaissance, le lien entre médecine et parfumerie est encore plus fort, dans une époque où l’eau fait peur. En boisson ou en friction, les parfums sont partout. Ils s’utilisent aussi grâce à des dispositifs assez surprenants. Le médecin de la cour de Louis XIV élaborera une « cassolette royale », genre de diffuseur d’ambiance qui permettait selon lui de faire pénétrer directement les produits odorants dans le cœur, les vaisseaux sanguins et les poumons. Nous pouvons également citer le « cucuphe », sorte de bonnet médicamenteux à porter toute la nuit, ou le jour sous un chapeau. Garnis d’aromates, de gommes odorantes ou de musc, il permettait aux plus âgés de lutter contre les vertiges et les pertes de mémoire.

Les tissus s’imprègnent à leur tour de produits aromatiques : mouchoirs de Vénus, « chemise préservative » ou « sparadrap cordial ». Des accessoires purement médicaux que l’on faisait macérer dans des compositions odorantes. Ainsi chargés de “bonnes odeurs”, ces différents objets servaient à se protéger des effluves nauséabonds, vecteurs de maladies. On peut les considérer comme les ancêtres des blouses et autres masques.

La pharmacie et la parfumerie finiront par se séparer officiellement par un décret signé par Napoléon le 18 août 1810. Aujourd’hui, certains renouent avec la tradition thérapeutique du parfum au travers de l’olfactothéraphie ou de l’aromathérapie, tandis que d’autres tentent de reproduire ces remèdes d’antan à la maison.

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