La love story olfactive de Paris et du Parfum

Paris est la capitale du parfum grâce à un héritage olfactif exceptionnel

Entre Paris et le parfum, c’est une histoire d’amour qui dure depuis fort longtemps ! Mais pourquoi la Ville Lumière est-elle autant liée à l’histoire de la parfumerie ? Existe-t-il une odeur qui peut définir à elle seule la ville ? Symbole d’un art de vivre entre luxe et élégance, Paris a forgé les tendances olfactives depuis des siècles. Embarquez pour une escape parisienne à la découverte de cet héritage riche en senteurs.  

De Grasse à Paris, le Parfum made in France

D’un point de vue historique, on considère bien souvent Grasse comme la capitale de la parfumerie. Et à juste titre, car cette ville du sud de la France abrite un savoir-faire unique et artisanal. Depuis l’époque des gantiers-parfumeurs, Grasse est encore et toujours une référence en matière de culture des plantes à parfum et de création de précieuses essences. Mais la capitale française est aussi intimement liée à l’histoire du Parfum. En effet, elle a vu s’installer depuis bien des siècles de grands maîtres-parfumeurs qui ont participé au rayonnement culturel et olfactif de la France.

C’est dès le XVIIIe siècle que ces maîtres dans la confection des compositions établissent leur quartier à Paris. On les retrouvait notamment sur les ponts parisiens. C’est d’ailleurs dans un immeuble bâti sur le Pont au Change que Jean-Baptiste Grenouille, le héros du roman de Patrick Süskind, Le Parfum, deviendra apprenti chez le maître-parfumeur Giuseppe Baldini. À mi-chemin entre la parfumerie et la pharmacie, ces artisans développent dans leurs échoppes de nouvelles façons d’extraire les odeurs des matières premières grâce à la distillation. À l’époque à Grasse, c’est la technique ancestrale de l’enfleurage qui est utilisée. Paris et le Parfum commencent alors à nouer des liens très fort.

Paris et le Parfum : une histoire pleine de rebondissements

Quand Paris ne sentait pas la rose…

Au milieu du XVIIIIe siècle, Paris ne ressemble pas vraiment à l’image raffinée et élégante d’aujourd’hui. Et on peut même dire que la ville est bien loin de « sentir la rose » ! Elisabeth de Feydeau, historienne du Parfum, raconte même qu’on la surnomme « la ville boue ». Les rues sont étroites et très sales. Le soleil a du mal à y pointer le bout de son nez, les transformant en véritable tranchées à ciel ouvert. Jusqu’au milieu du siècle suivant, les égouts sont presque inexistants. Chaque maison déverse alors ses déchets divers et variés devant sa porte.

Pour profiter d’odeurs plus agréables, il faut pénétrer dans les maisons. Le contraste avec l’extérieur est saisissant : le parfum est toujours aussi puissant, mais sa nature est bien différente. Laurier, lavande, épices et autres aromates imprègnent les intérieurs. Ils sont brûlés, vaporisés, frictionnés sur toutes les surfaces pour assainir l’air des miasmes éventuels. Ces ingrédients servent aussi à laver les corps qui n’avaient pas l’habitude de côtoyer beaucoup de salles de bains ! Les pots-pourris fleurissent sur toutes les consoles des demeures parisiennes, comble du chic et du raffinement.

Les parisiennes les plus aisées s’offrent le luxe de s’envelopper d’essences florales créées autour de la rose, de l’iris ou de la fleur d’oranger. Elles abandonnent ainsi les senteurs brutes et animales du castoréum, du musc et de la civette. La noblesse se procure auprès des maîtres-parfumeurs des flacons d’esprits-de-vin, ancêtre de l’eau de Cologne, ainsi que des petits sachets remplis de végétaux séchés à disposer un peu partout dans sa toilette.

Un parfum de séduction dans les rues de Paris

Il faudra attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que le visage de Paris change complètement, notamment grâce aux travaux du Baron Haussmann. Après l’épidémie de choléra des années 1830, on a la volonté d’assainir et d’éclaircir ce paysage urbain. Le système de tout-à-l’égout installé en 1850 participera à ce renouveau et à « désempester » les rues de la capitale.

Petit à petit les nez se dégagent et de nouvelles senteurs s’expriment. Une odeur boisée et sensuelle fait ainsi son chemin sur le boulevard des Italiens notamment, là où l’on vend des châles en cachemire venus de loin. Enveloppées dans des feuilles de patchouli pour contrer les mites, ces étoffes exhalent un parfum irrésistible. Et cet effluve ne tardera pas à conquérir le tout Paris. Le patchouli deviendra l’atout de séduction des courtisanes qui lui trouvent une grande sensualité. Les notes boisées de ces « demi-mondaines » au mœurs légères côtoieront ainsi les essences plus florales et chastes des épouses de la bourgeoisie qui achètent leur sent-bon dans ces nouveaux grands magasins à la mode, au Bon Marché ou à La Samaritaine. Le parfum devient ainsi pour cette population un produit de consommation du quotidien.

Senteurs garçonnes

Au début des années 1900, la parfumerie moderne est en plein essor, synonyme d’une industrie à part entière. Mais l’arrivée de la Première Guerre Mondiale freinera rapidement l’élan des parisiens qui ont bien d’autres préoccupations que celle de se parfumer. Durant cette période où les hommes sont absents, ce sont les femmes qui prennent les commandes. Ainsi, de nouvelles icônes féminines loin des stéréotypes connus jusqu’alors, font leur apparition. Gabrielle Chanel ou encore Jeanne Lanvin révolutionneront le monde de la mode et de la parfumerie avec des silhouettes et des senteurs peu habituelles. Les parisiennes sont les reflets de ces nouveaux modèles. Elles s’habillent à la garçonne, fument et se parfument d’essences aux odeurs brutes de cuir ou de tabac.

Paris en ébullition : de l’après-guerre à mai 68

À la fin des années 40 et après un nouveau conflit qui a bouleversé le monde, ce sont les couturiers qui parfumeront Paris et les parisiennes. Sur l’avenue Montaigne on surpique comme on fabrique du parfum. Un nouveau ton est donné, celui du New-Look de Christian Dior, des silhouettes féminines et cintrées, alliant l’élégance à la modernité. Paris acquiert ses lettres de noblesse de capitale de la mode, dévoilant au monde entier un art de vivre bien particulier. Ce style à la française passera également par des sillages encore plus élégants et raffinés, rendus célèbres par des grandes maisons de couture. Il faudra attendre la fin des années 60 pour que les codes bougent à nouveau. La jeunesse étudiante parisienne s’insurge contre la guerre du Vietnam, brûle son soutien-gorge dans la rue et part en quête de nouveaux modèles spirituels. Le patchouli fait son grand come-back et se porte très concentré, presque surdosé. Il devient alors l’emblème de cette nouvelle génération.

Paris, entre tradition et audace

Depuis mai 68, les tendances ont continué d’évoluer mais Paris reste toujours fermement ancré dans l’histoire de la parfumerie. La capitale est aujourd’hui le reflet de ces changements, entre tradition et modernité. Les grandes maisons de couture et de parfum se partagent les plus belles places et avenues. Mais Paris est aussi le berceau de la parfumerie de niche. Dans la lignée des maîtres-parfumeurs d’antan, certaines marques de niche développent des ateliers de création au cœur de la capitale. Ces fragrances plus confidentielles ont ainsi trouvé leur place dans la Ville Lumière, en investissant la rue Saint-Honoré ou les passages plus étroits du Marais. De quoi flâner le nez grand ouvert…

En bref, entre Paris et le Parfum c’est une vraie love story à la française qui n’est pas prête de s’achever !


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