À la découverte du métier de sourceur, le globe-trotteur du parfum

le sourceur parcourt le monde en quête de nouvelles matières premières pour la parfumerie

Très souvent méconnu du grand public, le métier de sourceur fait pourtant partie intégrante du processus de la création des parfums. Comme un véritable explorateur, ce « cueilleur d’odeurs » parcourt le monde en quête de nouvelles matières premières. Et ces dernières se retrouveront peut-être un jour dans les compositions de vos prochaines fragrances ! On vous explique les dessous de cette profession exceptionnelle et son évolution au fil des années.

Profession : sourceur de matières premières odorantes

Une fiche de poste un peu particulière

À mi-chemin entre Indiana Jones et Marco Polo, la mission du sourceur est complexe. La première partie de ce travail, et celle qui intrigue le plus, consiste à dénicher de nouvelles matières premières odorantes, potentiellement utilisables dans le domaine de la parfumerie. Mais le sourceur s’attache aussi à étudier des matières premières végétales déjà connues des parfumeurs. Il cherche alors à élaborer de nouvelles méthodes de culture et d’utilisation. Pour réaliser ses recherches, le sourceur explore le monde entier, du bush australien à l’Amazonie, en passant par le désert de Namibie.

Ce métier vous fait rêver ? On vous comprend ! Pourtant il n’existe pas réellement de formation pour devenir « découvreur d’odeurs ». Une chose est sûre cependant, il faut être à l’aise avec l’agronomie, le commerce et aimer le contact humain. Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de ces aventuriers des senteurs. Selon différents articles, on en compterait entre 15 et 100 dans le monde aujourd’hui.

Pour qui travaille le sourceur ?

Acheteur de matières brutes et d’essences, il est aussi et surtout le fil conducteur entre les producteurs et les parfumeurs. Il met ainsi en phase la réalité du « terrain » avec les exigences marketing de ses clients. Mais justement, à qui s’adresse le sourceur ? Il peut travailler de façon indépendante ou être employé directement par des grandes sociétés de composition. Celles-ci représentent des entreprises à échelle mondiale, qui créent des parfums pour des marques qui ne disposent pas de nez en interne (et c’est la majorité des cas des marques de parfum à l’heure actuelle). Ajouter de nouvelles senteurs à leur palette est un véritable argument commercial pour ces sociétés. Elles pourront ainsi convaincre un plus grand nombre de marques de travailler avec elles.

Parfois, le sourceur s’adresse directement aux grandes maisons de parfum qui conçoivent elles-mêmes leurs fragrances. Ces parfumeurs-maisons comme on les appelle, sont alors à la recherche d’ingrédients rares pour créer leurs formules. Plus rarement, l’explorateur peut travailler avec de plus petits acteurs de l’industrie du parfum. Mais cela reste anecdotique quand on connait le coût de la prestation de recherche de matières premières qui est très (très) élevé. On comprend d’ailleurs aisément que cela soit très cher car trouver de nouvelles odeurs constitue un véritable enjeu pour être compétitif. En effet, intégrer un nouvel ingrédient encore méconnu dans une fragrance est souvent synonyme d’un avantage significatif sur ses concurrents et d’un réel atout pour ses clients.  

Sourceur, un métier responsable

Derrière l’image de carte postale, le sourceur possède également une véritable responsabilité environnementale, éthique mais aussi économique. Il y a plusieurs décennies, le sourceur et ses employeurs ne se souciaient pas vraiment des conditions de production. Aujourd’hui, les exigences des marques, tout comme celles des consommateurs, sont beaucoup plus poussées. On veut savoir d’où vient son produit, de quoi il est composé et être sûr qu’il a été fabriqué dans le respect de l’environnement et des humains. Le travail de l’explorateur olfactif doit donc prendre en compte ces nouvelles demandes. Pour faire face à ce cahier des charges plus complexe, mais aussi pour éviter des ruptures d’approvisionnement sur le long terme, trouver de nouvelles matières premières, aussi exceptionnelles soient-elles, ne suffit plus. Il faut s’assurer que l’exploitation d’une nouvelle plante à parfum ou d’un bois odorant soit pérenne et qu’elle respecte le mode de vie des locaux et leur environnement.

« Sourcer » une matière première : le processus

De l’exploration…

Découvrir de nouvelles matières premières pour la parfumerie n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. En parcourant le monde, le sourceur cherche les plus belles essences. Et pour ce faire, son rôle est d’identifier le meilleur producteur, celui qui produira la matière la plus fine et la plus parfumée, tout en ayant un véritable respect de la culture et des travailleurs. Ensuite il faut instaurer une vraie relation de confiance avec ces paysans, qui utilisent parfois des méthodes ancestrales, profondément ancrées dans les cultures locales. Le sourceur doit donc les connaître et les écouter afin de comprendre leurs craintes et leurs difficultés.

… À la composition

Une fois l’odeur trouvée, le processus ne s’arrête pas là, bien au contraire. Il faut convaincre les marques/sociétés de composition de s’y intéresser. Et ce n’est pas une mince affaire car investir dans une nouvelle matière première représente en moyenne 150 000 euros, rien que pour l’enregistrer sur le marché ! Une fois le « go » donné, il est nécessaire de trouver un accord avec les producteurs locaux pour commencer l’exploitation : prix d’achat, volume demandé, processus de fabrication… Le sourceur fait l’intermédiaire entre l’industrie et le producteur pour évaluer tous les termes d’un futur contrat. Souvent, l’explorateur se met en lien avec des ONG ou des associations locales pour réguler la production et assurer un sourcing plus éthique.

L’équipement de base pour une chasse aux senteurs

Déjà équipé de votre fouet ainsi que d’un chapeau d’explorateur ? Il faudra encore ajouter quelques bricoles bien utiles dans votre sac à dos de sourceur !

Le head space est un technique utilisée en parfumerie pour isoler les composants odorants d'un lieu ou d'une matière première

Pour découvrir et analyser une matière première, le sourceur est toujours muni de deux outils bien spécifiques. Le premier est un headspace. Il s’agit d’une sorte de capsule qui permet de capturer l’odeur d’un végétal afin d’enregistrer ses composés odorants. La plante, la fleur ou l’écorce est introduite dans une sorte de bulle en verre qui est reliée à une pompe. La machine va analyser la composition de l’air à l’intérieur de la bulle pour dresser une sorte de carte d’identité olfactive de la plante étudiée.

Le sourceur est également équipé d’un alambic. Cet outil permet de distiller une matière première grâce à de la vapeur d’eau afin d’obtenir une huile essentielle. Dans une version plus compacte, l’alambic permet au sourceur de faire chauffer directement sur place une fleur, des racines, des feuilles, pour réaliser des extraits.

Pour aller plus loin

Bien que ce métier soit encore peu connu du grand public, certains s’attachent à faire parler de cette profession aussi intrigante qu’exceptionnelle. C’est le cas de Stéphane Piquart, un chasseur d’odeurs qui a créé en 2007 Behave, une société de sourcing qui cherche à appliquer un modèle durable et éthique. Il raconte son parcours dans un podcast de la Fragrance Foundation à écouter ici. Ce métier connaît également un nouvel intérêt grâce à Dominique Roques, sourceur pour une grande société de composition, qui publie un livre sur son expérience. Comme un carnet de voyage, Cueilleur d’essences, publié aux éditions Grasset, nous entraîne dans plus de 30 ans de voyage en quête de nouvelles senteurs. Connaisseur ou simplement curieux, ce livre promet une belle évasion olfactive !

Connaissiez-vous le métier de sourceur ?


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