Histoire du parfum : de la Belle Époque aux 90s

De la Belle Époque aux années 90, découvrez l'histoire du Parfum et son évolution au cours du XXème

Après un siècle de progrès techniques qui a vu émerger la chimie de synthèse et l’avènement de nouvelles senteurs plus créatives, la parfumerie moderne continue de se développer tout au long du XXème siècle. D’abord perçu comme un produit de luxe réinventé par les maisons de couture, le marché se démocratise auprès des hommes et des adolescentes pour devenir l’accessoire de tous au quotidien. Depuis toujours, le parfum reflète l’évolution d’une société en plein changement, et c’est encore plus le cas durant ce siècle de grande mutation sociale ! Partons ensemble à la découverte de l’histoire du Parfum au XXème siècle...

Couture et parfum : l’histoire et les liens se tissent

Belle Époque et Années Folles

Dès le début de la Belle Époque, la population se délecte de l’Art Nouveau et de l’enthousiasme qu’il provoque. Le temps est à l’optimisme et aux divertissements. Les cabarets et les cafés concerts parisiens ouvrent leurs portes et la femme devient le symbole du glamour mais aussi du chic et de l’élégance à la française.

Dès le début de ce siècle, la mode et le parfum s’acoquinent pour donner un nouveau souffle à la parfumerie. Tandis qu’il réinvente la silhouette de la femme, le couturier Paul Poiret donnera le coup d’envoi de cette nouvelle tendance avec la création de son célèbre Rosine, fragrance dédiée à sa fille. Mais c’est Gabrielle Chanel qui marquera une vraie révolution et liera à jamais la haute-couture et le parfum. À cette époque, les femmes s’émancipent et commencent à travailler. Adieu le corset, bonjour le look garçonne ! Avec Chanel n°5, Coco rend hommage à une femme libérée qui porte pour la première fois un parfum construit autour des aldéhydes.

Des essences légendaires voient le jour durant ces décennies aussi bien du côté des parfumeurs que des maisons de haute-couture.

Le parfum fait sa libération

Après la première guerre mondiale, les années 30 sont synonymes de « grande dépression » et de crise économique. Le chômage atteint des sommets et un second conflit mondial éclate sur fond de fascisme et de génocide. Pour contrer cette austérité, le parfum se fait plus glamour que jamais. Il s’inspire du cinéma hollywoodien et dévoile des jus opulents et très féminins. Michel Rochas crée Femme dont le flacon rappelle les courbes de l’actrice Mae West. Même si le parfum souffre vraiment durant la Seconde Guerre Mondiale, il connaîtra à nouveau un réel enthousiasme dès l’Après-Guerre, tant au niveau commercial qu’olfactif. De nouvelles maisons apparaissent et un créateur se lance à son tour dans la confection de fragrances dès 1947 : après avoir révolutionné la mode avec son New Look, Christian Dior dévoile le célèbre Miss Dior. Le parfum haute-couture s’affranchit et devient le moyen de se singulariser.

Histoire d’une génération nouvelle : le parfum pour tous

Le rêve américain

Les années 50 marquent un tournant dans l’histoire du parfum. À l’heure de la Guerre Froide, tous les regards se posent sur l’Amérique. Le quotidien se transforme profondément et la consommation règne en maître. Sex-symbols d’Outre-Atlantique, blue jeans et rock’n’roll font rêver les adolescents, les ménagères de moins de 50 ans et les hommes. Le prêt-à-porter devient courant et le parfum plus accessible. L’eau de toilette apparaît et va conquérir tous les nez, à commencer par ceux de ces messieurs. Lavande, vétiver ou encore hédione entrent dans des compositions plus douces et fraîches, à contre-courant des tendances passées. Même si le parfum reste attaché au rituel du rasage, il se démocratise auprès des hommes qui portent fièrement leur Eau Sauvage de Dior ou Monsieur de Givenchy. Cette décennie par contre, sera peu fructueuse pour les parfums féminins.

Mouvement hippie et règne du patchouli

Et comme les tendances venues des États-Unis continuent d’influencer l’Europe, le mouvement hippie né à San Francisco dans les années 60 s’installe progressivement en France. Dans la rue, la population scande « Faites l’amour, pas la guerre ». On manifeste contre la Guerre du Vietnam et on se bat pour la libération sexuelle. Ce vent de rébellion s’enveloppe d’un parfum de patchouli, qui deviendra le symbole de cette génération « flower power » aux idéaux affirmés. Tandis que le patchouli imprègne la rue, les maisons de couture proposent des alternatives plus légères avec des eaux fraîches et sophistiquées.

Dans les années 70, les codes statutaires continuent de s’effriter et les styles vestimentaires se contrastent : mouvements gay, punk, néo-romantique ou bohème voient le jour. Le parfum suivra à son tour ces nouveaux codes pour s’adresser directement à ces générations changeantes. Il délivre un message et le concept devient aussi important que l’odeur. La publicité prend une place grandissante et séduit aussi bien une femme provocante, sophistiquée ou naturelle. Côté masculin, les hommes portent désormais des parfums corsés qui leur sont destinés et séparent son utilisation de l’après-rasage.

Années 80-90 : de l’opulence à la pureté

Le parfum de tous les excès

Alors que les eaux fraîches semblaient s’installer durablement, les années 80 balayent à nouveau les concepts établis, à l’image de la chute du mur de Berlin qui bouleverse toute une génération. Les parfums deviennent aussi puissants et capiteux que les épaulettes s’élargissent ! Virilité, puissance et exubérance sont les maîtres mots d’une époque où le culte du corps est à son comble. Les genres s’exacerbent : tandis que les fragrances masculines s’adressent aux sportifs avec des eaux dynamisantes, les parfums pour femmes se font de plus en plus sensuels grâce aux orientaux et aux ambrés. Le parfum venu des États-Unis continue d’impacter les tendances européennes et les notes fruitées s’invitent peu à peu dans les compositions.

Retour au naturel

Comme essoufflé par autant de puissance, le parfum se renouvelle dans les années 90. On cherche plus de douceur, de pureté dans un fort désir de simplicité et d’authenticité. Hommes et femmes s’échangent leurs fragrances et aiment sentir le « propre » grâce à des jus plus floraux ou carrément marins. À l’époque de la Guerre du Golfe et de la propagation du sida, les peurs inconscientes refont surface. On opte alors pour des fragrances réconfortantes aux senteurs gourmandes qui nous re-plongent au temps de l’insouciance. La vanille fait son grand retour.

Le XXème siècle s’achève sur une tendance de retour à la nature et de sobriété. La parfumerie se prépare de nouveau à marquer son histoire pour entrer dans un autre millénaire.

Quel parfum portiez-vous durant votre jeunesse ? Vous reconnaissez-vous dans ces différents mouvements ?

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