L’iris : l’or bleu de la parfumerie

L'iris est un trésor olfactif de la parfumerie : une matière première élégante, raffinée et très onéreuse

Trésor olfactif de la parfumerie, l’iris est une plante qui recèle bien des mystères. Derrière sa mine chiffonnée aux nuances bleues-violacées, l’iris est aussi connue pour ses racines, autrement appelées rhizomes. Ce sont elles qui permettent aux parfumeurs de créer d’exquises fragrances aux notes poudrées et beurrées. Aussi élégante que légère, l’iris ne révèle ses charmes qu’aux plus patients, ce qui fait d’elle l’une des matières premières les plus chères et les plus précieuses de la parfumerie. De sa culture à son odeur, découvrez tous les secrets de l’or bleu de la parfumerie dans un voyage qui vous entraînera en Italie et au Maroc.

Les origines de l’iris

L’iris est une plante à rhizome originaire d’Extrême-Orient qui se cultive aujourd’hui en Italie, au Maroc mais aussi en France et en Chine. En Égypte, l’iris est une fleur sacrée. On trouve d’ailleurs des peintures d’iris datant de 1500 avant J.C au cœur de certaines pyramides. Dans la mythologie grecque, l’iris est la messagère des dieux, et son étymologie signifie arc-en-ciel. La fleur forme alors un pont entre le ciel et la terre pour délivrer aux humains les messages divins. Également appelée fleur de lys, elle deviendra le symbole de la royauté française et décorera ensuite les blasons de Louis XVIII y voyant un signe pour se protéger de la mort. Ses pétales de soie bleue ont souvent servi de modèles au peintre Vincent Van Gogh et depuis 1999, l’iris versicolore (bleu et violet) est l’emblème du Québec.

L’utilisation de l’iris comme matière odorante remonte à la Renaissance avec Catherine de Médicis. À l’époque, les rhizomes étaient pilés puis ensuite tamisés et mélangés à de la poudre de riz qui dégageait alors une douce odeur de violette. C’est aussi pour cela que l’on qualifie généralement les notes de l’iris comme des notes poudrées. La poudre de riz parfumait les perruques, le visage mais aussi les vêtements. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que les grands noms de la parfumerie intègrent la précieuse matière à leurs élégantes fragrances.

La culture de l’iris : des années de patience

De la plantation…

Obtenir de l’absolue d’iris requiert un véritable savoir-faire et nécessite une bonne dose de patience ! En effet, ce trésor olfactif ne se dévoile pas si facilement. L’iris exige des soins à long terme après sa plantation. Il faut compter pas moins de 3 années pour que les composés odorants de la plante se développent dans son rhizome, cette tige souterraine sur laquelle se forment des petites racines. Ce n’est qu’au bout de ces longues années que le rhizome, alors dépourvu d’odeur, peut être arraché, nettoyé, ébarbé pour être finalement coupé en rondelles. Tout ça pour ça ! Ce premier travail de nettoyage est long et fastidieux. Il se réalise uniquement à la main pour ne pas abîmer les précieuses racines.

Mais il faudra encore s’armer de patience puisque le traitement de l’iris est loin de s’achever. Il faut maintenant procéder au séchage pour que les rhizomes se débarrassent de plus de la moitié de leur eau et éviter ainsi qu’ils ne moisissent. Après 3 jours dans une chambre de ventilation, les tubercules sont entreposés dans des sacs de jute pendant 3 années encore. C’est tout le temps qu’il leur faut pour secréter les fameuses irones, les molécules qui constituent le principe odorant de la plante.

… à l’absolue

Finalement déshydratés, les rhizomes alors durs comme de la pierre sont réduits en poudre et distillés à la vapeur. La poudre devenue essence prend une consistance crémeuse. Ce beurre d’iris est extrait aux solvants organiques pour donner l’absolue d’iris, la quintessence de l’élégance et du raffinement ! Il faudra au moins 13 tonnes de rhizomes frais et jusqu’à 6 ans de patience pour obtenir un seul kilo de cet élixir vendu à prix d’or, pouvant atteindre les 100 000 euros le kilo.

À gauche, un champ d’iris Pallida, ensuite les rhizomes une fois déterrés et à droite le séchage dans les sacs en jute.

Une fleur pour deux espèces parfumées

Il existe une multitude d’espèces d’iris mais toutes n’ont pas les mêmes propriétés odorantes. Des jardins aux parfums, les variétés utilisées ne sont pourtant pas les mêmes. En parfumerie, on cultive deux espèces de la plante : l’iris Pallida et le Germanica.

L’iris Pallida est le plus « luxueux ». Il pousse à flancs de coteaux, sur les terres rocailleuses et escarpées de Toscane, entre Sienne et Florence. Il est impossible de mécaniser la culture de la plante et tout se fait encore à la main. Depuis plusieurs années, l’iris Pallida se cultive également en France, où quelques bulbes italiens furent exportés par Chanel dans ses champs Grassois.

Au Maroc, une autre espèce est cultivée : l’iris Germanica. Celle-ci est moins noble que sa cousine italienne. Cette variété est plus simple à cultiver car elle est plus robuste et nécessite moins d’exigence. Sa senteur reste élégante et raffinée mais elle est moins sophistiquée que le Pallida car le taux d’irone est inférieur. Pourquoi ? Car le temps de séchage des rhizomes est moins important passant de 3 ans à 2 ans voire moins.

Chef d’œuvre olfactif : les notes de l’iris

Mais alors que sent cet or bleu qui affole les parfumeurs ? Pour comprendre l’intérêt olfactif de cette plante, il faut l’étudier à la loupe. L’iris est constituée de deux principes odorants : l’irone (la molécule la plus coûteuse qui est l’indicateur principal de qualité de l’absolue) et l’acide myristique. En parfumerie on peut utiliser de l’irone seule, comble du luxe. Les nez peuvent également y ajouter de l’acide mystirique, qui contient lui aussi de l’irone en plus petite quantité.

La plante dévoile des notes poudrées, qui sont souvent confondues avec des notes vanillées, beaucoup plus gourmandes. Sa senteur est délicate, complexe et s’accentue dans le temps pour devenir très persistante.  En parfumerie, l’iris est à la fois florale mais aussi boisée, aux accents beurrés et aux notes évocatrices de violette. Certains lui trouve même un aspect sec et paillé.

On retrouve les notes poudrées et sensuelles de l’iris dans l’eau de parfum musc originel. La poudre d’iris s’accorde ici à l’ambre et à la fleur de coton dans une fragrance animale et discrète. Dans 555, la note irisée délivre son essence féminine et envoûtante… Contrastée par la virilité d’une touche poivrée et d’une note de tête agrumée.

Connaissiez-vous l’origine de l’iris et ses différentes espèces parfumées ?


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