Les mystères du bois de santal

Le santal est un bois odorant aux nombreuses vertus, qui est utilisé depuis des siècles pour son odeur chaude et veloutée

Des effluves chauds provenant d’un bâtonnet d’encens qui brûle dans un temple en Inde… Voilà ce que nous évoque le santal. Connu depuis 4000 ans, le bois de santal est l’un des plus anciens ingrédients parfumés utilisés à ce jour. De son écorce est fabriquée une précieuse essence qui ravit les nez depuis de nombreuses années. Son odeur chaude et veloutée enrichit les compositions et apporte un sillage boisé aux fragrances. Un véritable « must-have » olfactif, qui se fait pourtant de plus en plus rare. De l’Inde jusqu’aux forêts australiennes, nous vous amenons à la découverte de ce joyau de la parfumerie.  

Les origines du bois de santal

Un arbre mystérieux

Le bois de santal fait partie de la famille des arbres appelés santalacées. Outre son nom botanique santalnum album, le santal se faisait aussi appeler depuis l’époque coloniale « bois de santal des Indes Orientales ». Tout comme le cèdre, le cannelier (dont l’écorce est la cannelle) et le bois de rose, le santal fait partie de la catégorie des bois aromatiques, ou des arbres à parfum. C’est un arbre qui mesure une dizaine de mètres de haut, aux feuilles ovales toujours vertes et aux petites fleurs jaunes aux nuances pourpres. Pourtant ce ne sont ni ses feuilles ni ses fleurs qui le rendent si majestueux, mais bien son écorce brune et rougeâtre qui protège un cœur vert pâle ou blanc, à l’odeur veloutée.

Des rites mystiques à la parfumerie

Connu depuis des milliers d’années, le santal fut d’abord employé par les égyptiens pour embaumer leurs momies. Il fut également plébiscité par les musulmans d’Inde lors des cérémonies funéraires. Ils plaçaient un encensoir contenant du santal aux pieds du défunt, pour permettre à son âme de s’élever. Ce bois dense et solide sera aussi adopté dans la construction de temples au Tibet, au Népal ou encore en Chine. L’apparition du santal en Europe sera plus tardive. Il sera introduit par les arabes qui l’utilisaient pour parfumer le cuir de Cordoue en Espagne. Le santal sera également présent dans les pharmacies au Moyen-Âge, encore une fois introduit par les médecins arabes qui s’en servaient pour concocter onguents et emplâtres. Ce n’est finalement qu’à l’apparition de la parfumerie moderne au XIXe siècle, que le santal deviendra une matière première de choix et s’invitera dans de nombreuses compositions masculines.

Les terres du bois de santal

Ce bois sacré est originaire d’Asie, et plus précisément d’Inde et d’Indonésie. C’est d’ailleurs dans le sud de l’Inde, dans l’état du Karnataka, que l’on retrouve l’une de ses variétés les plus réputées et convoitées : le santal du Mysore. Cette ville indienne est entourée de forêts de santal et de bois de rose, un rêve pour tous les parfumeurs. Très prisé, le santal du Mysore a longtemps souffert de surexploitation et est désormais cultivé sous l’égide du gouvernement indien. Le santal est aussi cultivé dans d’autres pays et notamment en Australie et en Nouvelle-Calédonie, dans l’archipel de Vanuatu. Cette variété est assez similaire olfactivement au santal indien. En Australie, on cultive à grande échelle le fameux santalnum album, pour palier la raréfaction du santal provenant d’Inde. L’Australie produit également une autre variété de bois de santal, dont l’odeur est plus résineuse et fumée.

Le bois de santal en parfumerie

De l’arbre à l’huile essentielle

Au fur et à mesure de sa croissance, le pouvoir odorant du bois de santal se développe. Il faut attendre que l’arbre atteigne sa maturité, soit entre 25 et 30 ans, pour fabriquer de l’essence de santal. À ce moment-là, l’arbre est coupé et déraciné, pour être réduit en copeaux avant d’être distillé. Autrefois, les arbres étaient abattus puis on coupait les branches et les racines. Les troncs étaient alors laissés à l’abandon à même le sol et nourrissaient les termites. Aujourd’hui, face à la rareté du santal, on utilise toutes les parties de l’arbre, sans en laisser une miette aux insectes gourmands ! Les copeaux et le cœur du bois, mais aussi les racines de l’arbre, sont alors réduits en poudre puis séchés, pour être finalement distillés à la vapeur d’eau. Ce procédé permet de fabriquer une essence précieuse dont la qualité dépendra de l’âge de l’arbre.

Le bois de santal fait partie des matières premières parfumées les plus onéreuses. Son essence est souvent qualifiée « d’or liquide » et son prix peut atteindre des sommets. Pour obtenir 45 litres d’huile essentielle, environ 1 tonne de bois sera nécessaire.

De gauche à droite, la forêt de Mysore en Inde, l’écorce brune et rougeâtre du santal et enfin les copeaux de bois avant d’être réduits en poudre et distillés.

Une odeur caractéristique

Arbre aromatique par excellence, le santal dégage un parfum boisé très chaleureux. Il possède des notes poudrées, balsamiques, voire lactées et délivre des nuances quelques peu cuirées, légèrement animales. C’est une odeur sensuelle qui évoque des sensations olfactives crémeuses et veloutées. Toutefois, son odeur n’est pas très puissante. Par contre, sa ténacité est particulièrement forte. C’est également un ingrédient très peu volatile. Pour toutes ces raisons, le bois de santal est largement utilisé en parfumerie pour enrichir une composition olfactive. Il s’agit d’un excellent fixateur qui va permettre de capturer les notes plus légères. Chez Carrément Belle, on retrouve les notes boisées du santal dans l’eau de parfum chyprée ïōdé. Il lui confère un sillage boisé réconfortant, et prend place aux côtés de l’ambre pour apaiser cette fragrance marine et vivifiante.

Un joyau parfumé à protéger

Matière prisée et longtemps malmenée, le bois de santal s’est raréfié depuis les années 70. L’exploitation à outrance et le marché noir ont ainsi poussé les gouvernements à réguler l’exploitation et le commerce du santal en Inde pour préserver cette ressource précieuse. Face à un bois devenu rare, mais une demande en croissance, de nouvelles plantations ont été créées. En effet, la production d’essence de santal Mysore est extrêmement limitée, et elle devient presque introuvable dorénavant. Elle n’est plus exportée et se réserve à de la consommation locale.

Face à cette pénurie, les chercheurs en chimie organique travaillent sur des molécules de substitution. La première, le Sandela, a même été créée en 1947 par erreur ! Durant les années 70, le Sandalore a beaucoup été utilisé pour soutenir l’essence de santal naturel, déjà limité à l’époque. Depuis, de nouvelles découvertes ont été effectuées et d’autres molécules plus puissantes telles que le Polysantol, s’invitent dans les formules.

Connaissiez-vous les origines du bois de santal ? Aimez-vous percevoir cette note boisée et lactée dans vos parfums ?


Découvrez les fragrances citées dans cet article

Pack Découverte
Pack Découverte
Testez nos parfums
15€
ïōdé
eau de parfum
dès 35€

3 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *